5 Tiiturumavit?

Dialogue: La pause café

Saali:
Kaapiturumavit? ᑳᐱᑐᕈᒪᕕᑦ? Veux-tu du café ?
Laina:
ii, kaapiturumajungaᐄ, ᑳᐱᑐᕈᒪᔪᖓ. Oui, je veux bien du café.
Saali:
Sukalisuunguvit? ᓱᑲᓕᓲᖑᕕᑦ? Prends-tu du sucre ?
Laina:
Aagga, sukalisuungunngittunga. ᐋᒡᒐ, ᓱᑲᓕᓲᖑᙱᑦᑐᖓ. Non, je ne prends pas de sucre.
Saali:
Immulisuunguvit?ᐃᒻᒧᓕᓲᖑᕕᑦ? Prends-tu du lait ?
Laina:
ii, immulisuungujunga. ᐄ, ᐃᒻᒧᓕᓲᖑᔪᖓ. Oui, je prends du lait.
Saali:
Asu. Uvva. ᐊᓱ. ᐅᕝᕙ. O.K., voilà pour toi.
Laina:
Nakurmiik. ᓇᑯᕐᒦᒃ. Merci.
Saali:
Ilaali. ᐃᓛᓕ. Bienvenue.

Vocabulary

Grammar

-suuq (affixe)

-suuq est ajouté à des radicaux en inuktitut pour exprimer l’idée de

  • quelqu’un qui est capable de faire quelque chose
  • quelqu’un qui fait quelque chose fréquemment, ou par habitude.

Exemples :

uivititut

le français

Uivititusuunguviit?

Parles-tu français ?



Immuk

le lait

immulisuunguviit?

Bois-tu du lait ?



qangata

s’élever ou bondir dans les airs

qangatasuuq

un avion (lit. quelque chose qui s’élève souvent dans les airs)

Quelques points à noter :

 

1. –suuq est souvent suivi du verbe –ngu (une variation de –u) qui signifie “être”.

sukaq + li + suuq + ngu + viit =

sukalisuunguviit?


Prends-tu du sucre ?

2. Quand on utilise –suuq à la troisième personne (il, elle, ils, elles), le verbe –ngu disparaît, c’est un raccourci :

inuktitusuuq

une personne qui parle inuktitut

inuktitusuut

ceux qui parlent inuktitut

3. Quand –suuq est ajouté à un radical qui finit par une consonne, cela supprime la consonne finale:

miqsuq + suuq =

miqsusuuq


quelqu’un qui coud

-tuq- (affixe)


-tuq- est un affixe qui apparaît au milieu des mots en inuktitut et qu’il ne faut pas confondre avec la terminaison verbale –tuq (qui signifie il/elle/cela).


On ajoute -tuq- à un nom pour indiquer :

 i) quelquechose que l’on boit ou que l’on mange :  
 natsiminiqtuqtuq
  Il/elle mange de la viande de phoque.
 tiituqtugut 
  Nous (3+) buvons du thé.
   
 ii) quelquechose que l’on utilise :  
 umiaqtuqtuuk  Ils font du bateau tous les deux.


Cet affixe apparaît dans le titre du leçon Kaapiturumaviit?:

 kaapi + tuq + juma + viit? =
 kaapiturumaviit?
   Veux-tu du café?


Surveille le radical imiq- qui en inuktitut peut être le nom “eau” ou encore le verbe “boire”. Si tu veux demander à quelqu’un s’il veut de l’eau, n’utilise pas l’affixe –tuq- avec le radical imiq-. La manière correcte de poser la question est :

 imirumaviit?  Veux-tu boire (de l'eau)?
 imiqtuq   Il boit de l’eau.





questions

L’inuktitut présente une série d’affixes qui sont utilisés seulement pour poser des questions. Pour poser une question, on ajoute l’un de ces affixes à la fin du verbe. L’affixe qui est utilisé se modifie en fonction de qui est le sujet du verbe.
nirivit? niriva?
Es-tu en train de manger ? Est-il en train de manger ?
Les affixes qui sont utilisés pour poser des questions changent aussi, en fonction de la dernière lettre du radical du verbe auquel ils sont ajoutés. On fait cela pour faciliter la prononciation. Tout d’abord, les affixes qui sont utilisés pour les verbes finissant par des voyelles.
tukisi- comprendre
tukisivunga? Est-ce que je comprends ?
tukisivit? Est-ce que tu comprends ?
tukisiva? Est-ce qu'il/elle comprend ?
tukisivinuk? Est-ce que nous (2) comprenons ?
tukisivita? Est-ce que nous (3+) comprenons ?
tukisivisik? Est-ce que vous (2) comprenez ?
tukisivisi? Est-ce que vous (3+) comprenez ?
tukisivak? Est-ce qu'ils/elles (2) comprennent ?
tukisivat? Est-ce qu'ils/elles (3+) comprennent ?
Si vous voulez poser une question à l’aide d’un verbe qui finit par q, utilise les mêmes terminaisons que celles ci-dessus, en replaçant le v par un q:
isiq- entrer
isiqqunga? Est-ce que j'entre ?
isiqqit? Est-ce que tu entres?
isiqqa? Est-ce qu'il/elle entre ?
isiqqinuk? Est-ce que nous (2) entrons ?
isiqqita? Est-ce que nous (3+) entrons ?
isiqqisik? Est-ce que vous (2) entrez ?
isiqqisi? Est-ce que vous (3+) entrez ?
isiqqak? Est-ce qu'ils/elles (2) entrent ?
isiqqat? Est-ce qu'ils/elles (3+) entrent ?
Si le verbe finit par toute autre consonne, fais ce qui suit :
  • remplace la consonne finale du verbe par un p
  • utilise les mêmes terminaisons que dans le tableau ci-dessus, en remplaçant le v par un p.
 

À titre d’exemple, utilisons le verbe sinik- qui signifie dormir. Dans le dialecte de South Qikiqtaaluk, on remplace le -k final des radicaux en -p avant ces terminaisons:

sinippunga? Est-ce que je dors ?
sinippit? Est-ce que tu dors ?
sinippa? Est-ce qu'il/elle dort ?
sinippinuk? Est-ce que nous (2) dormons ?
sinippita? Est-ce que nous (3+) dormons ?
sinippisik? Est-ce que vous (2) dormez ?
sinippisi? Est-ce que vous (3+) dormez ?
sinippak? Est-ce qu'ils/elles (2) dorment ?
sinippat? Est-ce qu'ils/elles (3+) dorment ?

vouloir

En inuktitut, en combinant des radicaux et des terminaisons pour construire des mots, la première lettre ou la dernière lettre de ces éléments va souvent changer. L’orthographe change pour rendre la prononciation plus fluide.

Observons le verbe verb -juma-. Il s’agit d’un affix commun utilisé pour exprimer vouloir en inuktitut.

Parce que –juma- est un affixe, il doit être ajouté à un radical. ilau- est un radical qui signifie accompagner, être un compagnon de voyage.

On peut insérer l’affixe –juma- entre le radical (ilau-) et la terminaison qui indique la personne :

ilaujumava?

ii, ilaujumajuq.

Veut-il être du voyage ?

Oui, il veut être du voyage.

-juma- fonctionne très bien lorsqu’il est ajouté à un radical qui finit par une voyelle. Par contre, s’il est ajouté à un radical qui finit par q, une modification de l’orthographe se produit:

kaapituq-

kaapiturumavit?

ii, kaapiturumajunga.

Boire du café.

Veux-tu boire du café ?

Oui, je veux bien boire un café.

 

Si -juma- est ajouté à un radical qui finit par k, on obtient une autre modification :

sinik-

sinigumavisi?

ii, sinigumajugut.

dormir

Voulez-vous dormir tous les trois ?

Oui, nous voulons dormir.